Circuit 2
Borne n°04:  l’évolution du paysage.

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Gestion et biodiversité.

Au sud-est, le paysage est franchement ouvert. C’est la lande dont nous avons parlé. Ce milieu semi-naturel se raréfie. S’il est maintenu ici, c’est grâce à une volonté des forestiers de conserver ces landes créées par les activités humaines des siècles passés.

Le Tétras Lyre Tetrao tetrix: Aussi appelé « petit coq de bruyère », c’est l’oiseau mythique des fagnes. Il ne vit plus que sur le plateau fagnard et sa population était estimée à moins de trente en 2003. Principalement végétarien, il consomme fruits, graines, feuilles et bourgeons des plantes des fagnes. Au début du printemps, la parade commence. Dès l’aube, les mâles vont rejoindre l’aire de balz et s’affronter pour y défendre chacun un petit territoire : roucoulement, sauts, « danses » surtout avec les ailes et la queue déployée, méritant le nom de Tétras lyre. Les taches blanches du plumage ressortent alors, de même que les caroncules rouges, et ces stimuli sont indispensables au système particulier de reproduction. Pour les percevoir, une végétation rase est indispensable. Les femelles vont alors traverser l’arène et s’accoupler avec le coq de leur choix, souvent un ancien coq, de haut rang. Le lendemain, elles peuvent très bien sélectionner un autre compagnon. Totalement protégé, le Tétras lyre est une des espèces concernée par Natura 2000.

Photo: Roger Herman. Hautes Fagnes - Avril 1972

Vers l’est, nord-est, le paysage est en voie de reboisement, évolution naturelle hors toute intervention humaine. Ce type de milieu n’est pas sans intérêt et il est appréciable de voir subsister des parcelles semi-ouvertes comme celle-ci.

 

Locustelle tachetée, fauvette des jardins, pouillot véloce,… écoutez au printemps les chants qui fleurissent ici. La pie-grièche grise Lanius excubitor n’est pas le meilleur chanteur mais fait partie des espèces Natura 2000. Très typée avec son bandeau noir, ses ailes et queue noires aussi, elle est souvent posée sur un arbre de taille moyenne : c’est un poste d’affût indispensable. Gros insectes et petits mammifères sont ses proies favorites. Elle constitue des « lardoirs » en empalant ses proies sur des branches mortes, pointues. Courageuse, téméraire parfois, elle n’hésite pas à attaquer rapaces diurnes et corvidés de son territoire.

Photo: René Dumoulin

Enfin, vers l’ouest, nord-ouest, le paysage est fermé. L’évolution naturelle du paysage tend vers la forêt. La laisser revenir partout signifie cependant renoncer à certaines espèces d’oiseaux. C’est la raison de ces coupes de rajeunissement que les forestiers effectuent dans la fagne de Malchamps.

 

Nous quittons la fagne de Malchamps en direction du nord. N’hésitez pas à y revenir elle possède bien des trésors...

Le genêt à balais.

Certaines plantes sont colonisatrices: elles sont les premières à s’installer dans un milieu dénudé. Elles sont frugales, se contentant d’un sol peu minéralisé et enrichissent celui-ci. Le bouleau et le genêt font partie de ces plantes.

 

 

 

«Lu djuniès» borde d’or le sentier devant vous. Sa fleur, à symétrie bilatérale, est formée de deux carènes soudées (pétale du dessous), un étendard (au-dessus) et deux ailes. Posez votre doigt sur la carène, comme un bourdon butineur se poserait, et voyez les étamines jaillir de la fleur, projetant leur pollen sur ce qui devrait être l’abdomen velu d’un insecte, permettant la dispersion de la partie mâle de la fleur. Cet arbuste avait maintes vertus: ses rameaux pour la la fabrication de balais, rameaux et plante pour fumer jambon et saucisson ardennais. On lui attribuait une action anti-venin : les moutons qui en mangeaient se trouvaient immunisés contre les morsures de vipère, propriété jamais prouvée. Ses rameaux restent verts en hiver et sont un apport de nourriture pour animaux. Ses racines abritent une bactérie capable de fixer l’azote atmosphérique et de le restituer au sol pour d’autres plantes. Médicinale mais attention, aussi dangereuse : uniquement les boutons floraux avant leur éclosion et en étant très prudent avec les dosages. Le genêt contient de la spartéine et était utilisé pour aider les accouchements. Utilisée en tisane (2,5gr de fleurs / 100gr d’eau, 2/4 tasses par jour) contre goutte et rhumatisme.

 

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