Promenade 4
Borne n°06:  Natura 2000.

Accueil PromenadeVue virtuelle 360°Situation géographiqueTracé promenade< Borne précédenteBorne suivante >

La hêtraie.

Les grandes hêtraies à luzule se retrouvent sur un sol siliceux. En haute Ardenne, le chêne sessile peut se mêler aux hêtres. C’est le cas de la forêt ici.
Pour le sylviculteur, ces forêts mélangées peuvent être un type de culture intéressante. En effet, le chêne favorise l’humification des sols. Lors de la croissance, le hêtre apprécie, dans son jeune âge, la protection du chêne contre les rayons du soleil: c’est une essence sciaphile. Par ailleurs, le houppier du hêtre, dont la croissance est plus rapide, forme plus tard un écran évitant aux branches des chênes, privées de lumière, de trop se développer et de former de gros noeuds.

Pour le reste, si la végétation secondaire de ces forêt se limite à la myrtille au sorbier et au sureau pour les arbustes, à la luzule blanche et la canche flexueuse pour la strate herbacée, cette végétation se développe nettement mieux aux pieds des chênes dont le feuillage laisse passer la lumière. Voyez autour de vous, les endroits où le sous-bois est le plus développé se situent près des chênes.

 

 

 

Aux mêmes places, on peut voir de jeunes hêtres. La régénération naturelle est donc favorisée par cette culture mixte.

 

Fleur femelle avec pistil et ovule qui donnera le fruit, la faine.

 

 

Fleurs mâles avec les étamines qui produisent le pollen chargé de féconder la fleur femelle.

Le hêtre est un arbre monoïque: fleurs femelles et fleurs mâles séparées mais sur le même arbre. La fleur femelle, une fois fécondée, donnera un fruit sec: la faine.

 

Sous la loupe, les discrètes fleurs des essences forestières révèlent toute leur beauté.

La hêtraie et ses habitants.

Les oiseaux qui vivent dans les vieilles hêtraies sont notamment le pouillot siffleur, le gobe-mouches noir et le pic cendré, ce dernier étant rare. Le pouillot siffleur, Phylloscopus sibilatrix, contrairement au pouillot véloce dont nous parlerons plus loin, est très forestier (forêts feuillues). Nettement plus jaune que les autres pouillots, le siffleur a deux chants très différents qu’il alterne à son gré.

 
Jeunes cigognes noires au nid
 


Une autre espèce niche dans les hêtraies de l’Ardenne: c’est la cigogne noire, Ciconia nigra...

 


1898. Ochamps, Ardenne. Le dernier couple de cigognes noires est tué au nid… près d’un siècle passe...
1989: Bastogne. La cigogne noire est de retour. Enfin!
Espèce forestière, contrairement à sa cousine la cigogne blanche, la cigogne noire s’établit dans de vieilles forêts tranquilles, dans de grands arbres, avec, à proximité, des prairies, des marécages, des ruisseaux, les poissons et batraciens représentant le menu principal de cet oiseau.

Protégées au niveau européen, les populations de cigognes noires, en croissance rapide en Région wallonne, sont cependant nettement inférieures à celles de cigognes blanches en Europe et au sein de la UE, les couples de cigognes noires établis en Wallonie, une vingtaine en 2004, représentant une part non négligeable des 250 à 300 couples recensés.

Natura 2000 jouera un rôle important dans la protection de la cigogne noire. A quoi bon protéger un oiseau si l’on ne protège pas son habitat? Interdire de tuer, capturer ou perturber la cigogne noire est insuffisant. Il faut aussi lui garantir un espace vital chez nous: des vieilles et grandes futaies pour nicher, des prés humides, des marécages, des rivières propres pour s’alimenter.
Mais pour la cigogne noire, migratrice au long cours, il faudra peut-être un jour envisager la création d’un réseau Nord-Sud, l’Eurafrique des oiseaux… Demain, j’espère.


Cigogne blanche


Cigogne noire juvénile

 

Accueil PromenadeVue virtuelle 360°Situation géographiqueTracé promenade< Borne précédenteBorne suivante >