Promenade 4
Borne n°11:   le ru du Vieux Spa.

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La vie dans l’eau vive.

Nous l’avons vu, Natura 2000 est un réseau au niveau européen. Pour cela, il faut commencer par un maillage cohérent au niveau régional. La logique veut que les cours d’eau soient intégrés à ce réseau. En effet, nombre d’espèces animales ou végétales sont incapables de franchir les collines et leur dispersion suit souvent les vallées.


A côté de ce rôle de couloir écologique, les ruisseaux sont aussi un milieu de vie extraordinairement diversifiée. C’est une vie discrète, souvent méconnue. Pourtant, les poissons se situent parmi les derniers maillons de la chaîne alimentaire des eaux. En amont, c’est une succession de conditions écologiques et leur cortège végétal et faunistique: les diatomées, algues microscopiques, les invertébrés et leurs larves.



Caloptéryx éclatant. Mâle.

 

Parmi les espèces typiques des petits ruisseaux ardennais, il y a notamment les odonates, c’est-à-dire les libellules et demoiselles et, plus particulièrement, les caloptéryx.


Caloptéryx vierge. Femelle

Le caloptéryx vierge, Calopteryx virgo, est une demoiselle (sous-ordre des zygoptères) aux couleurs bleu-vert pour le mâle, avec des reflets métalliques, de toute beauté. La femelle pond dans les cours d’eau riches en oxygène dissout, ce qui est le cas des ruisseaux ardennais dont la température, dans la partie supérieure tout du moins, est généralement basse. Le caloptéryx éclatant, Calopteryx spledens, qui lui ressemble beaucoup, est déjà moins exigeant quant à l’oxygénation des eaux.

  

Si votre arrivée fait fuir les insectes et les oiseaux, il suffit souvent de s’asseoir, sans bouger, pour les voir reprendre leurs activités, rassurés par votre immobilité.

La vie dans l’eau stagnante.

Un autre milieu aquatique assez particulier est celui créé par l’homme: les ornières.
Les conditions de vie dans les ornières sont fondamentalement différentes de celles rencontrées dans les ruisseaux à courant rapide. Ici, la température varie très fort. L’eau, en été, est chaude durant le jour, refroidit pendant la nuit. La profondeur faible peut provoquer l’assèchement de la petite mare. Hormis certains petits invertébrés, il est fréquent d’observer deux espèces animales dans les ornières remplies d’eau.

 

Le triton alpestre, Triturus alpestris, fraie aussi bien dans de petits trous d’eau que dans les lacs ou étangs. Espèce forestière, ses sites de reproduction favoris sont cependant un réseau de fossés et d’ornières en forêt feuillue.

 

 

La libellule déprimée, Libellula depressa, appartient au sous-ordre des anisoptères. Cousines des demoiselles dans l’ordre des odonates, les libellules sont plus trapues, moins fines et tiennent leurs ailes à plat, au repos, alors que la plupart des demoiselles les replient en toit.
Son nom d’espèce de « déprimée » ne vient pas d’un penchant pour la mélancolie mais du fait que son abdomen est aplati. Cet abdomen, chez le mâle, est d’un superbe bleu bordé de lunules jaunes.
Espèce pionnière, la libellule déprimée colonise les pièces d’eau stagnante de petites dimensions. On peut aussi la voir au bord des lacs et des étangs.
Les larves vivent soit sur les plantes immergées, soit, comme ici, enfouies dans la vase. Elles y resteront jusqu’au printemps suivant, période de l’émergence. La métamorphose dure de 2 à 4 heures.

 

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