Promenade 6
Borne n°05:  Le pouhon Pia.

Accueil PromenadeVue virtuelle 360°Situation géographiqueTracé promenade< Borne précédenteBorne suivante >

Le tarin des aulnes.

Le terme pouhon, du latin potionem, désigne des eaux carbogazeuses et ferrugineuses. La couleur brun-rouille du ruisseau, à l’exutoire, un peu en aval, confirme la présence de fer qui, au contact de l’oxygène, précipite et se dépose. Ces eaux sont du même type que l’Eau Minérale Naturelle Marie-Henriette et leur voyage souterrain dure plusieurs dizaines d’années!

 

 

Les arbres, au bord du ruisseau, sont des aulnes glutineux, Alnus glutinosa. Capables de croître dans des sols gorgés d’eau, les aulnes ont un rôle important à jouer dans la fixation des berges et permettent d’éviter l’érosion intensive des bords des cours d’eau. Ils jouent par ailleurs un rôle important pour la faune aquatique, leurs radicelles immergées servant d’abris pour les invertébrés. (plus d’info voir circuit 1).

 

De l’automne au début du printemps, les aulnes sont fréquentés par des troupes d’oiseaux au doux babil qui explorent l’extrémité des rameaux, fouillant du bec les fruits de l’année: les tarins des aulnes, Carduelis spinus. Ces petits oiseaux, marqués de jaune, sont granivores et recherchent les graines des aulnes, bouleaux ou conifères. Ce menu est complété, en été, avec des graines de pissenlit ou de chardons, des bourgeons, des baies, des chenilles et des pucerons. Très sociables même en période de reproduction, plusieurs couples peuvent nicher côte à côte. Le nid, petite coupe très soignée, est construit à l’extrémité d’une branche de conifère, elle-même protégée par une autre branche.

 

 

Ce nid est tellement bien camouflé qu’une ancienne croyance populaire germanique prêtait aux tarins la faculté d’y déposer un caillou magique qui le rendait invisible! Si vous avez la chance de tomber sur une troupe de tarins, prenez le temps de les écouter. Sociables, ils communiquent avec de nombreux cris flûtés. En période nuptiale, au printemps, le chant vif et varié du mâle est un vrai régal.

 

    Vous pouvez goûter l’eau du pouhon. La température de cette eau est stable, proche de 7°C, été comme hiver.

Le ru du pendu
Une légende.

Le ru du Pendu ! Et oui! C’est ainsi que se nomme ce petit ruisseau dans lequel s’écoule l’eau du pouhon. Voici la légende qui lui a valu ce nom étrange.

 

C’est le printemps. Un nouveau berger doit être élu. Ils sont deux. L’un, Léonard, a le rire facile, un bagout qui plaît. Ce sera lui.

Et l’autre, alors ? Noël, c’est son prénom, accepte. Mais veille. Et surveille. Et trouve : Léonard vole. Léonard tue des moutons, prétextant une maladie et vend la viande pour son seul bénéfice. Léonard est accusé, jugé et condamné à être pendu. Au moment du supplice, il offre, un curieux sourire aux lèvres, une très belle cape à son accusateur.

Noël a peur et n’ose la mettre. Jusqu’au jour où, voulant impressionner une jeune fille dont il est amoureux, il la revêt pour aller au village. Le lendemain, on le retrouva pendu ! Son neveu et héritier, Noël lui aussi, attendra des années avant de porter le vêtement, un dimanche, pour se rendre à la messe. Après l’office, c’est, bien sûr, le passage au cabaret. Mais Noël est sombre et, quittant brusquement ses compagnons, se dirige vers l’arbre des supplices et se passe la corde autour du cou ! Heureusement ses amis interviennent à temps.

Quelques mois plus tard, Noël est en retard pour la messe. En chemin, il rencontre un homme et échange sa cape contre le mérite que celui-ci a gagné en se rendant aux vêpres. L’homme ment, ne s’y étant pas rendu, mais Noël ne l’apprendra qu’une fois arrivé au village. Sur le chemin du retour, il trouve le menteur… pendu. Noël récupère son bien, est soupçonné de meurtre, accusé puis innocenté mais finit, toujours vêtu de la cape, par se pendre. Et de quatre !

Les années passèrent. Le vêtement, gardé en témoignage de ces étranges évènements ne fut plus porté. Jusqu’au jour où un anglais, un Lord, en fit l’acquisition. Ce monsieur avait une jeune et belle femme et un « ami » qui la courtisait ! Nul ne sait ce qui se passa mais l’on retrouva le présumé amant pendu à un arbre, tout près d’ici, vêtu de la cape…

 

 

Accueil PromenadeVue virtuelle 360°Situation géographiqueTracé promenade< Borne précédenteBorne suivante >