Promenade 8
Borne n°12:  la ligne 44.

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La richesse biologique des voies abandonnées.

A main droite se trouve l’ancienne voie de chemin de fer Spa – Trois-Ponts – Gouvy. Cette ligne 44 fut inaugurée officieusement le 17 février 1867 par le Prince Henri de Luxembourg et son épouse la Princesse Amélie. Pourquoi par des Luxembourgeois ? Simplement parce que les capitaux avaient été avancés par une société luxembourgeoise. L’Etat belge rachètera la ligne plus tard.
Le dernier train régulier de voyageurs passe le 1er août 1959. On verra encore quelques trains saisonniers et un petit trafic de marchandises durant dix ans de plus et la ligne est définitivement fermée en 1969. A peine cent années d’exploitation ! La voie fut démantelée en 1974, le ballast, par endroits, raclé et vendu en 1979.

 


Illustration tirée de « Pepinster – Spa. De la vapeur à l’électricité » - G. Henrard.

 

Les lignes de chemin de fer abandonnées, retournées à l’état sauvage, abritent une faune et une flore souvent étonnamment diversifiées. Certaines espèces se sont en effet introduites « grâce » aux convois ferroviaires. Ce serait notamment le cas de la renouée du Japon. Vous pouvez voir cette plante juste avant de traverser la voie désaffectée. Cette renouée est hélas fort envahissante, occupant l’espace en lieu et place d’espèces indigènes. Par ailleurs, les ballasts, surélevés et toujours secs, possèdent une flore et une faune incapables de vivre dans les milieux humides et certaines parois abritent des espèces typiques des escarpements rocheux. Il est donc toujours intéressant de se pencher sur la vie des anciennes voies de chemin de fer.

 

Chemins creux, friches industrielles, terris, carrières: pour qui sait regarder, la nature est partout, jusqu’au cœur des villes.

Un rapace drôlement chouette.

Si le maintien des voies désaffectées augmente la biodiversité régionale, l’implantation humaine est souvent synonyme de diminution de cette même biodiversité.
C’est ainsi que le développement des constructions de maisons particulières dans les campagnes a vu se réduire de manière drastique les vergers. Alors que chaque ferme possédait avant son verger, il n’en reste que bien peu à ce jour.

 


 

Certaines espèces animales ont fort souffert de l’abattage des vieux arbres fruitiers, de la disparition des saules, charmes ou chênes taillés en « têtard ». La chouette chevêche, par exemple, a besoin de vieux arbres, possédant des cavités naturelles, et dans un paysage assez ouvert. Elle ne vit pas en forêt, royaume de la chouette hulotte. Il suffirait pourtant que l’on maintienne, autant que possible, les arbres en place lors d’une nouvelle construction, pour favoriser, entre autres, cette petite chouette.


 

Grand amateur de micro-mammifères, la chouette chevêche, Athene noctua, est fort petite (22 à 27 cm). C’est pourtant la plus visible de nos chouettes: elle aime en effet se chauffer au soleil mais, si votre passage la laisse indifférente, elle n’aime pas être observée et ne tardera pas à s’éloigner d’un vol souple, ondulé, rappelant celui des pics. Assez éclectique quant à sa nourriture, elle apprécie, outre les campagnols et autres rongeurs, les invertébrés, avec une prédilection pour les coléoptères. En Wallonie, le groupe Noctua tente d’aider les chevêches en informant le public et en posant des nichoirs aux lieux propices à l’espèce. http://noctua.en-action.org

 

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