Circuit 9
Borne n°02:  la pessière.

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L’influence humaine sur le paysage.

Si l’influence humaine est légère pour la prairie humide, il n’en est pas de même ici. Les « sapins » qui bordent le chemin sont en fait des épicéas, Picea abies. Cet arbre, non indigène, fut planté au milieu du 19ème siècle afin de rentabiliser les terres incultes du Haut Plateau. C’était, à l’époque, une nécessité qui répondait à une forte demande de bois destiné à étayer les galeries de mine ou fabriquer de la pâte à papier. Hélas, pour ce faire, des kilomètres de drains ont été creusés, à main d’homme, bouleversant le fragile équilibre hydrique du plateau. En nonante ans, le paysage fagnard a été complètement bouleversé.

Cartes issue de: "Le problème des Hautes-Fagnes, Cahier d'Urbanisme, n° 44-45, 1963." Fernand Robert.

 

Les Hautes Fagnes en 1872 : surface total des fagnes de 12500 ha Plus moins les 5/9 de la région

  Les Hautes Fagnes en 1962 : surface total des fagnes:
  5002 ha soit moins de la motier

 

Bien sûr, les besoins changent, les orientations sylvicoles évoluent au fur et à mesure des connaissances, des expériences. La logique d’hier ne s’applique plus aujourd’hui. La biodiversité est devenue un argument d’importance dans la gestion forestière et paysagère. Mais ce terme, biodiversité, est bien « jeune », moins de vingt ans, puisqu’il est apparu lors du forum national de Washington sur la Biological Diversity, en 1986.
Or le forestier qui choisit l’espèce à planter, le fait en tenant compte des conditions stationnelles locales et en vue d’une exploitation qui s’effectuera, au plus tôt, dans 60 à 80 ans. D’autre part, les connaissances ne cessent d’évoluer et d’ajouter leur lot de déductions quant au comportement des écosystèmes. Ainsi, si, à ce jour, 1.8 millions d’espèces vivantes ont été décrites, 13.000 nouvelles espèces sont découvertes, chaque année! Cela signifie uniquement que notre connaissance des espèces vivantes progresse mais non une augmentation de la biodiversité. Que du contraire: chaque jour, des espèces disparaissent à jamais.

 

Près de la borne, à vos pieds, certaines plantes attestent d’un ancien milieu fagnard. Nous allons les découvrir lors de la promenade. A votre retour, tout à l’heure, vous pourrez les reconnaître.

Epicéas et biodiversité.

L’épicéa est donc un résineux introduit chez nous vers 1850. Les seules espèces d’arbres à aiguilles (gymnospermes) indigènes sont l’if et le genévrier. Ces deux arbres ne forment cependant pas de grandes forêts et sont même plutôt rares à l’état sauvage. La plantation d’espèces telles que l’épicéa, le pin sylvestre et plus tard, le douglas ou le sitka notamment, a attiré des espèces animales inféodées aux forêts de conifères.

 

Parmi elles, ce sont surtout les oiseaux qui se trouvent être les plus représentatifs. Le roitelet huppé et le roitelet triple bandeau sont des oiseaux nicheurs devenus abondants après la seconde guerre mondiale.

La mésange huppée et la mésange noire sont liées aux forêts de résineux. La mésange noire a niché en Belgique en 1865 pour la première fois.

Le bec croisé des sapins s’est installé chez nous à la fin du 19ème siècle, lors d’une invasion, tout comme le cassenoix moucheté, en 1968 seulement. La chouette de Tengmalm, originaire des grandes forêts résineuses du nord de l’Europe niche depuis 1963 chez nous.

Photo: Sébastien Leunen

 

Dernier arrivé chez les oiseaux inféodés aux forêts résineuses, le merle à plastron niche depuis 1973 dans les forêts autour des Hautes Fagnes. Au cours de la migration, les prairies autour du domaine de Bérinzenne sont une halte de prédilection pour une petite troupe de merles à plastron.

 

 

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