Circuit 9
Borne n°04:  la prairie.

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Un habitat Natura 2000.

La prairie qui s’étend autour de vous est un ancien champ de labour qui a ensuite été utilisé comme pâture par le fermier qui occupait jadis la ferme de Bérinzenne. Elle a subi des apports de chaux et a été asséchée grâce à des drains souterrains.
Aujourd’hui, la prairie n’est plus amendée. De nombreuses fleurs prolifèrent dans ce pré de fauche. Certaines sont typiques des prés maigres, d’autres attestent d’un ancien amendement.

 

La gesse des montagnes, Lathyrus linifolius, le polygale vulgaire et le polygale à feuilles de serpolet sont caractéristiques des pelouses maigres.

 La centaurée noire,
 Centaurea nigra
, est une
 espèce montagnarde, témoin
 du climat particulier du site.

Renoncule âcre, Ranunculus acris, pissenlit,... ces plantes prouvent cependant un certain amendement.

 

Si 200.000 espèces de papillons ont été décrites dans le monde, seules 16.000 d’entre elles sont des papillons de jour ou Rhopalocères. L’Europe abrite 415 espèces de Rhopalocères et la Belgique, principalement la Wallonie, 121 espèces. Pas mal, vu l’exiguïté du territoire! Mais attention: de nombreuses espèces sont menacées. Natura 2000, en protégeant certains de leurs habitats, aidera à sauvegarder ces témoins de la biodiversité wallonne.

Les papillons de nuit ont des antennes aux formes variées mais pas en massue.

Les papillons de jour se distinguent des papillons de nuit par leurs antennes en massue. Les antennes abritent les organes des sens assurant le rôle olfactif et tactile. La trompe permet à l’insecte d’aspirer les liquides nourriciers. Chaque œil est composé de plusieurs milliers d’yeux simples hexagonaux qui permettent au papillon adulte de détecter tous les mouvements et explique la difficulté que nous avons à les approcher. Les quatre ailes sont pourvues, sur les deux faces, de petites écailles colorées (ou blanches), disposées comme les tuiles d’un toit.

 

Il est aisé de favoriser les papillons chez soi avec des plantes pour les adultes et d’autres pour les chenilles.
Le spectacle en vaut la peine.

Les papillons de jour.

Beaucoup de Rhopalocères présentent un dimorphisme sexuel: les femelles des sylvains sont plus colorées que les mâles; c’est l’inverse chez les grand mars changeant. Il existe aussi des variations saisonnières, décidées notamment par la durée du jour. C’est le cas de la « carte géographique », Araschnia levana, par exemple.

  

 

Les papillons adultes sont chargés de la reproduction. Certains sont territoriaux et chassent les intrus de même sexe. D’autres font des parades dans les cimes. La vision joue un rôle important dans la recherche du partenaire.


C’est ainsi que l’on peut voir le mâle de l’aurore, Anthocaris cardamines, voler le long des lisières, se posant sur tout ce qui est blanc, couleur de la femelle: fleur, autre papillon ou... sac en plastique! Une fois rapproché, c’est l’odorat et donc la perception des phéromones qui prendra le relais.

Les œufs, minuscules (1mm), sont déposés isolés ou en groupe sur une plante hôte soigneusement choisie. Les femelles portent des épines associées à une touffe de poils olfactifs aux tarses des pattes antérieures. En piétinant la plante, elles l’écorchent et libèrent des arômes identifiés par les poils olfactifs. La plupart des espèces européennes pondent entre 100 et 300 œufs même si certaines espèces en pondent 20 et d’autres 1.000. Le procris, Coenonympha pamphilus, en pond environ 300.

  

 

Phase unique de croissance, la chenille peut multiplier son poids par 1.000! Pour ce faire elle passe l’essentiel de son temps à se nourrir et subit plusieurs mues. Elle s’immobilise alors, devient plus terne, la peau du thorax se déchire et la chenille sort, d’abord la tête. Cela ne dure qu’une minute. La croissance des chenilles varie: deux semaines pour certains piérides ou deux ans pour plusieurs moirés! Le nombre de stades larvaires, entre deux mues, est souvent de 5 mais la sylvaine, Ochlodes venatus, par exemple, en a 8.

 

Au terme de sa croissance, la chenille va subir une dernière mue et former une chrysalide. La métamorphose, au sein de la chrysalide, est impressionnante: certains tissus se liquéfient, d’autres se modifient. Il ne faut plus de pièces buccales broyeuses mais une trompe. Les pattes doivent s’allonger. Les ailes doivent naître… et d’autres modifications encore, notamment au sein du système nerveux, avant que le papillon adulte, l’imago, n’émerge.

 

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