Circuit 9
Borne n°07:  la lande tourbeuse.

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Reconnaître les plantes de la lande tourbeuse.

 

Un autre habitat Natura 2000 est la lande tourbeuse. Lande car la végétation est composée de sous-arbrisseaux. Tourbeuse car cette lande croît sur un sol composé, pour la couche superficielle, de débris végétaux (principalement la sphaigne) peu décomposés. Les plantes caractéristiques de la lande tourbeuse sont la bruyère quaternée, le scirpe cespiteux, le jonc raide et la laîche étoilée.

La bruyère quaternée, Erica tetralix, est un sous-arbrisseau aux jolies fleurs roses, en grelot. Son nom vient de la disposition des feuilles, par niveau de quatre, autour de la tige.

 

 

 

Le scirpe cespiteux, Scirpus cespitosus: Tige cylindrique.
Fleur isolée au sommet de la tige.
Plante en touffe dense (cespiteuse).
Feuilles très petites au bas de la tige.

Le jonc raide, Juncus squarrosus:
Tige cylindrique.
Fleurs en grappe (panicule).
Plante en touffe.
Feuilles généralement absentes.

La laîche étoilée, Carex echinata:
Tige triangulaire.
Généralement 4 à 5 épillets en épi.
Plante en touffe.
Feuilles de 1 ou 2 mm de large.

 

 

Parfois, la fleur de la bruyère quaternée est percée d’un petit trou.
C’est l’œuvre du bourdon qui se crée ainsi un accès plus aisé vers le nectar convoité.

Le coucou gris.

Tous les fagnards vous le diront, la faune de ces landes humides est particulièrement riche d’insectes: les libellules et demoiselles dont les larves sont aquatiques, les papillons dont les chenilles consomment les plantes des fagnes, les diptères, incontournables, avec les taons, les moustiques et les culis qui, parfois, peuvent se montrer fort incommodants.
Cette faune d’invertébrés attire bien entendu des insectivores. L’oiseau typique des landes tourbeuses est le pipit farlouse, Anthus pratensis, et l’on peut souvent observer le mâle, effectuant un vol nuptial retombant en « parachute » tandis que la femelle, très discrète, s’affaire au nid, au sol, sous un buisson de myrtille.

  

Principalement en mai, le chant du coucou retentit en fagne. C’est un réel plaisir que de l’écouter et pourtant, c’est un signe de danger pour le pipit. Le coucou gris, Cuculus canorus, n’est pas un prédateur mais un redoutable parasite. Les adaptations de cet oiseau sont impressionnantes.
Dès le mois de mai, à l’affût ou en vol rasant, la femelle cherche un nid de passereau, choisissant souvent l’espèce qui l’a élevée. La vue d’oiseaux construisant des nids va stimuler son ovulation mais elle contrôle la venue de son œuf: elle attendra que le passereau repéré ait entamé la ponte mais qu’il ne couve pas encore. Alors, profitant d’une absence de la femelle, dame coucou rejoint le nid, ôte un œuf et pond très vite le sien. Ensuite elle s’éloigne, emportant l’œuf volé qu’elle mangera plus loin. Dorénavant, elle ne s’occupe plus de sa progéniture et part à la recherche d’un autre nid à parasiter.

 

L’incubation de l’œuf de coucou est rapide, au moins autant que celle des œufs des passereaux parasités. Nu, aveugle, à 8 ou 10 heures de sa vie, le jeune coucou, irrité par le contact sur sa peau des œufs ou des oisillons, éjecte, implacable, les autres occupants hors du nid. Ce travail peut durer de 4h à 36h! Enfin, seul à bord, il bénéficie de la totalité de l’apport de nourriture, élément indispensable car la taille du coucou est nettement supérieure à celle des parents « adoptifs » qui doivent le nourrir. Malgré toutes ces adaptations, les échecs sont nombreux et le taux de mortalité augmentera encore en août et septembre, lors de la longue migration que le jeune coucou doit affronter, contraint à trouver seul le chemin de l’Afrique équatoriale, sans l’aide de ses parents déjà partis en juillet.

 

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