Circuit 9
Borne n°08:  la tourbière haute.

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Un milieu naturel.

Si les landes ont subi l’influence de l’homme, ce que nous avons ici est un milieu naturel, qui évolue sans la moindre intervention humaine. Il s’agit d’une lithalse, semblable à celle expliquée par un panneau près du monument aux aviateurs. La lithalse est un habitat particulier car il s’agit d’une tourbière haute active. Cela signifie que la couche de tourbe, dans ces cuvettes, continue à s’accumuler.

 

Les sphaignes sont les principales bâtisseuses de tourbières. Ces mousses stockent l’eau et acidifient leur milieu. Elles croissent par les parties supérieures tandis que la partie inférieure meurt. Dans le milieu acide et gorgé d’eau (donc avec peu d’oxygène), le développement des bactéries et des champignons est faible, le travail de décomposition est fortement ralenti. Tant que le taux de croissance des sphaignes dépasse le taux de décomposition, la tourbe s’accumule donc. En moyenne, il faut un an pour obtenir un millimètre de tourbe.

 

Les plantes typiques de ces tourbières hautes sont deux sous-arbrisseaux, à croissance très lente, économisant ainsi les besoins en éléments minéraux que la sphaigne s’approprie:
la canneberge, Vaccinium oxycoccos, et l’andromède, Andromeda polifolia.

Des deux linaigrettes croissant en fagne, la linaigrette à feuilles étroites, Eriophorum angustifolium, est celle qui pousse dans les lieux les plus humides. On la reconnaît à ses feuilles aux pointes rougeâtres et à ses fruits réunis en 4 à 12 épis alors que la linaigrette vaginée ne porte qu’un épi.

 

Ne l’oubliez pas. Certaines plantes sont strictement protégées et il est interdit de les cueillir.

Une plante insectivore.

Une dernière plante typique de la tourbière haute est le rossolis, Drosera rotundifolia. Cette petite plante est insectivore, obtenant ainsi un apport de nourriture lui permettant de subsister dans ce milieu pauvre en éléments nutritifs. Ses petites feuilles rondes possèdent des poils glanduleux qui attirent les insectes (rossolis = rosée du soleil) et les engluent. La feuille va alors s’enrouler, très lentement, autour de la proie qui sera digérée. Il faudra moins de 12 heures aux éléments nutritifs pour gagner la tige et les racines.
Paradoxalement, ce sont aussi les insectes qui se chargent de la pollinisation. Une tige pouvant atteindre 20 cm porte les épis floraux, loin au-dessus des feuilles.

Chaque automne, les feuilles du rossolis disparaissent dans les sphaignes qui poursuivent leur croissance.
C’est une plante hémicryptophyte. Un bourgeon persistant au niveau du sol durant l’hiver va, au printemps, pousser une nouvelle tige, au-dessus du tapis de sphaignes et former une nouvelle rosette de feuilles.

 

Médicinale, le rossolis contient de la plombagine, un antibiotique capable de lutter contre les streptocoques. Réputée aphrodisiaque, c’est une plante protégée. Mais à quoi cela sert-il d’interdire la cueillette ou la commercialisation d’une espèce si l’on ne maintient pas son habitat? Voilà toute l’importance que revêt le réseau Natura 2000: sauvegarder les habitats naturels pour conserver ces espèces rares ou menacées qui nécessitent protection.

 

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