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Circuit 10 Borne n°04: la prairie. |

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Le début du 19ème siècle. |
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Nous continuons notre voyage
dans le temps, en remontant deux siècles en arrière. Les bâtiments
qui, aujourd’hui, abritent le musée de la forêt et
des eaux , étaient alors une ferme et cette prairie, un champ de
labour.
Pour exploiter cette parcelle, le fermier a été contraint de la
drainer. Mais le sol, ici, est très pauvre en sels minéraux. A l’époque,
en outre, les voies de communication ne sont guère développées.
Sans le train, ces régions sont fort isolées et ne connaissent pas
la chaux. Le seul engrais est le fumier, lui-même produit par des
herbages bien maigres. La terre est trop pauvre, le champ de labour
devient une simple pâture.
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Illustration extraite de "Mémoires des Hautes Ardennes" - N°64 – Mai 1999 – Page 51.
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Aujourd’hui, dans nos pays, les prairies maigres, non amendées ont quasiment disparu. C’est une logique économique.
Cependant, ces prairies abritent une flore particulière et son cortège d’insectes. Cet habitat a donc été intégré au réseau Natura 2000 comme bon nombre de ce que l’on nomme les complexes pastoraux, caractérisés par la dominance des graminées vivaces.
Il y a 200 ans, les paysannes parcouraient la campagne, à la saison des fleurs, prélevant dans «lu farmacereye dè bon Djû», les simples qu’elles mettront en réserve pour les «bôbôs» et les «mèhins» de l’hiver.
Certaines des plantes qui poussent dans cette prairie maigre faisaient partie de cette immense pharmacie qu’était la campagne d’alors.
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A cette époque, vous auriez pu croiser une paysanne, vêtue d’une longue jupe, lisse devant et plissée derrière, coiffée de la barada et chaussée de sabots.
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Les plantes et les hommes au 19ème siècle. |
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La centaurée jacée, Centaurea du groupe très complexe jacea, nommée « tête de moineau » en français (allez savoir pourquoi!) et « flotchète » en wallon a une tige très dure que les faucheurs redoutaient. Elle était utilisée en médecine populaire contre les « mâs d’reins ».
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Le rhinante, Rhinantus sp., tient son nom de sa fleur en forme de nez. Nommé aussi « tartarie », il existe plusieurs espèces de rhinantes et toutes contiennent une substance toxique, l’aucubine, dangereuse pour les insectes mais aussi pour les animaux à sang chaud. La grande Rhinante, Rhinantus angustifolius, nommée « tâtrèye » en wallon, poussait dans les champs de seigle. Les paysans n’appréciaient guère sa présence car, disaient-ils, moulu avec le seigle, elle rendait le pain « neûr èt moflasse »! (Elle rendait le pain noir et mou)
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S’il pousse plusieurs sortes de plantains en Wallonie, la sagesse populaire ne confondait pas les deux principales espèces. Le plantain lancéolé, Plantago lanceolata, est l’une des plantes les plus communes en Europe; les anciens ne lui attribuaient aucune vertu contrairement au plantain majeur, Plantago major. La feuille du « planténe » est le contre-poison par excellence. L’envers de la feuille a, disaient-ils, la propriété de tirer le venin. Une fois celui-ci sorti, l’autre côté de la feuille guérit la blessure. Mais surtout, il ne faut pas se tromper de côté! Voici une histoire que l’on racontait dans la région.
Un douanier allemand, en poste à Sourbrodt, assista, plusieurs fois, à un combat entre une couleuvre et une grenouille. Chaque fois que le batracien avait été mordu, il allait se frotter contre un plantain croissant sur le champ de bataille. L’idée vint au gabelou de faire disparaître la plante. Le lendemain, la grenouille était morte, empoisonnée!
Amusant! Surtout si l’on sait que la couleuvre n’a pas de venin! Interpellant aussi, car le plantain a de réelles propriétés médicinales. On l’utilise notamment en compresse comme collyre, comme cicatrisant ou contre les piqûres d’insectes ou d’orties.
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