Circuit 10
Borne n°06:  lande et forêt.

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Des moutons et des abeilles.

Autour de vous se trouvent les divers stades d’évolution du paysage. Hors intervention humaine, tous les sols qui ne sont pas complètement gorgés d’eau verraient la forêt se réinstaller. Cependant, les techniques agro-pastorales des siècles passés maintenaient, par endroits, le paysage ouvert. En effet, après deux années de culture, les terres essartées (par essartage ou écobuage) étaient laissées en jachère mais certaines d’entre elles devenaient des zones de pâturage.

Archives du Musée de la Vie Wallonne-Liège

Chaque matin, le berger, ou herdier pour les bêtes à cornes, traversait les villages dont les habitants lui avaient confié les troupeaux, en soufflant dans une corne pour prévenir de son passage. Souvent aidé d’un jeune garçon, nommé tisserou, le berger emmenait les brebis pâturer dans les landes.
En plus de la trompe en corne de vache, du bissac contenant son repas et d’une gourde, le berger avait un bâton spécial: la houlette. La petite pelle, au bout de la houlette, lui servait notamment à envoyer des mottes de terre aux brebis qui s’éloignaient du troupeau. Le crochet, quant à lui, permettait au berger d’attraper la patte d’un animal qu’il devait examiner.
La plupart du temps, le berger redescendait chaque soir au village, se faisant héberger à tour de rôle par les villageois qui lui confiaient des bêtes. Mais la fagne de Malchamps a abrité un berger sédentaire et une bergerie, dont il ne reste que quelques ruines à peine visibles, a été construite dans la fagne.

 

 

Le pâturage par les moutons maintenait la lande en lieu et place d’un retour à la forêt. Ces landes étaient riches d’un joli sous-arbrisseau aux fleurs roses: la callune. La callune, calluna vulgaris, est une plante mellifère et, outre les moutons, la fagne nourrissait aussi les abeilles à tel point que des ruches y étaient amenées parfois de bien loin, pour la grande miellée qui avait lieu entre les deux Notre-Dame, du 15 août au 8 septembre.
A la fin de la saison, les ruches étaient soupesées, les plus lourdes étant gardées pour hiverner, les autres condamnées à l’étouffage.
Les rayons étaient broyés pour récolter le miel. Les sacs de cire étaient placés dans une « cabouloire » puis, une fois bien bouillis, suspendus et battus pour retirer la cire.

 

C’est vers la mi-août que la callune fleurit. La fagne offre alors un spectacle merveilleux. A voir et à revoir.

Biodiversité.

Pour maintenir ce paysage ouvert et diversifié, suite à l’abandon des anciennes pratiques agro-pastorales, la Division Nature et Forêt, gestionnaire du site, opère des coupes régulières dans la fagne de Malchamps. Tour à tour, tous les sept ans, les arbres, principalement des bouleaux et des saules à oreillettes, sont abattus dans différentes parties de la fagne. Ceci est nécessaire pour maintenir le paysage ouvert. Appliqué depuis plusieurs dizaine d’années, ce mode de gestion favorise la biodiversité en maintenant les différents stades d’évolution du paysage.
Ainsi, la fagne de Malchamps est intégralement reprise dans le réseau Natura 2000 car elle regroupe différents habitats qui présentent un intérêt écologique réel et aussi parce qu’elle abrite des oiseaux repris dans la directive européenne.

  

Dans la lande vivent des oiseaux tels le pipit farlouse, Anthus pratensis, le traquet pâtre, Saxicola torquata, ou la locustelle tachetée, Locustella naevia. Lors des migrations de printemps et d’automne, deux « cousins » du traquet pâtre font souvent halte dans les fagnes: le tarier des prés, Saxicola rubetra, et le traquet motteux, Oenanthe oenanthe.

 

 

Le stade suivant est une lande parsemée de jeunes arbres, provenant de semis naturels ou de rejets de souches. C’est l’habitat par excellence du pipit des arbres, Anthus trivialis, qui, sans l’aide du chant, est très difficile à différencier du pipit farlouse. Il est un rien plus grand (1/2 cm) et un peu plus charpenté. L’ongle postérieur est court et crochu, contrairement à celui du farlouse. Enfin, le plumage du pipit des arbres est un peu plus contrasté sur la tête et la poitrine.
Dans ces landes en voie de reboisement se trouvent aussi la pie-grièche grise, Lanius excubitor et la pie-grièche écorcheur, Lanius collurio. Ce sont deux passereaux assez particuliers car ils ont un bec crochu de rapace et, effectivement, chassent des micromammifères, menu qui complète l’habituel plat d’insectes, principalement des gros coléoptères.

Le stade de jeune forêt, avec des arbres de petites tailles, de nombreux buissons et de larges trouées abritent la fauvette des jardins, Sylvia borin, le pouillot fitis, Phylloscopus trochilis et maintes espèces plus ubiquistes.

 

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